N° 09 · 6 juillet 2026 · Journal PDF

Mali : la deuxième vague

Le 4 juillet, FLA et JNIM frappent ensemble, comme le 25 avril. Ce n'est plus un choc. C'est un rythme.

Mali
Gao · Anéfis · Aguelhok · Sévaré · 4 juillet

La deuxième vague

Le 4 juillet, avant l'aube, la guerre a rappelé qu'elle ne s'était pas arrêtée au choc d'avril. Gao, Anéfis, Aguelhok, Sévaré, Kenioroba : plusieurs localités sont visées dans une nouvelle série d'attaques. Le FLA annonce une offensive sur Anéfis. Le JNIM revendique ensuite des attaques coordonnées et affirme avoir pris plusieurs positions.

L'armée malienne affirme avoir repris le contrôle de la situation. La réaction compte : tenir une position, repousser une attaque, neutraliser des assaillants, ce n'est pas un détail. C'est ce qui empêche la carte de basculer. La suite se joue dans l'initiative : ne pas seulement sauver la ville attaquée, mais empêcher l'adversaire de choisir seul le lieu, la date et le rythme.

Le 25 avril, l'attaque coordonnée avait frappé Bamako, Kati, Mopti, Sévaré, Gao, Bourem et Kidal le même jour. À Kati, une voiture piégée conduite par un kamikaze a tué le ministre de la Défense, le colonel Sadio Camara. Le 4 juillet ne répète pas seulement le 25 avril. Il l'installe. Deux offensives coordonnées en dix semaines, ce n'est pas une coïncidence opérationnelle ; c'est une méthode de pression.

Cette méthode oblige l'armée à défendre plusieurs points à la fois. Elle oblige les villes à attendre le prochain nom sur la liste, les transporteurs à hésiter avant chaque axe, les familles à lire les communiqués comme une météo de guerre. La répétition n'est pas un détail : elle fatigue les positions, étire les secours, installe le calendrier de l'adversaire.

En frappant ainsi de concert, à plusieurs reprises, séparatistes et jihadistes ont choisi d'unir leurs haines. Aucune nuance doctrinale n'abrite le soldat malien en première ligne, le chauffeur de camion ou la famille bloquée à Gao.

Bamako n'est pas seul dans le principe : les condamnations de principe et les messages de solidarité affluent d'Alger ou d'Ankara. Mais ces soutiens de chancellerie se paient de mots. Face à une coalition terroriste asymétrique et surarmée, les communiqués de stabilité ne blindent pas les positions, ne fournissent pas d'armes et ne financent pas l'effort de guerre.

Le danger n'est plus seulement l'attaque. C'est le rythme : plusieurs villes, le même jour, et l'attente étouffante du prochain assaut.

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