Une fin et un renouveau
À Dakar, le congrès du Pastef transforme un divorce personnel en scission institutionnelle. À Cotonou, Wadagni court réparer ce que trois ans de rupture ont cassé. Dans les deux cas, les vrais décideurs ne sont pas ceux qu'on filme : le FMI, la CNPC, les créanciers obligataires et les groupes armés tiennent les cartes.
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Dans ce numéro
- Pourquoi le divorce Faye-Sonko est passé du décret au parti, et ce que le FMI y gagne.
- Comment Faye gouverne avec les hommes de l'ancien régime, et ce que ça dit de son pouvoir.
- Ce que la main tendue de Wadagni à l'AES cache : le port, le pipeline, et 54 tombes dans l'Alibori.
- Pourquoi les vrais architectes du quotidien s'appellent FMI, CNPC et fonds vautours — pas les présidents.
Le format
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Les articles du numéro
Faye-Sonko : le divorce devient une scission d'État
Du décret au congrès de Diamniadio : le Pastef sacre Sonko, le parti est banni de l'exécutif, Faye gouverne avec les hommes de l'ancien régime. Et le FMI atterrit à Dakar.
Lire l'articleBénin : ce que la main tendue ne dit pas
Le port de Cotonou étouffe, le pipeline de la CNPC exporte déjà ses barils, et l'Alibori compte ses morts. Le Bénin ne tend pas la main à l'AES par panafricanisme : ses artères se vident.
Lire l'articleCe que juin 2026 nous dit
Au terme de cette première semaine de juin, le vernis craque. À Dakar, un président gouverne avec les fantômes du régime déchu pour échapper à sa propre majorité. Il offre au FMI un exécutif isolé, parfait pour imposer une cure d'austérité sans résistance politique. À Cotonou, un comité d'urgence a quinze jours pour rouvrir une frontière que la réalité du terrain rendait intenable.
On s'épuise dans nos capitales à savoir si Faye a surpris Sonko, si le Pastef va bloquer les lois, si Wadagni a réussi son examen de passage régional. Ce sont des débats de surface. Ce que nous ressentons, nous, à chaque crise et à chaque fin de mois, c'est que les cartes sont distribuées ailleurs. Les véritables architectes de notre quotidien s'appellent le FMI, la CNPC, les fonds vautours obligataires et les groupes armés qui grignotent nos frontières au Nord. Nos dirigeants gèrent le service après-vente de crises qu'ils ne maîtrisent pas. Et nos peuples, du marché de la Gueule Tapée aux pistes de Malanville, continuent d'encaisser les coups, des décisions prises loin d'eux par des forces qu'ils n'élisent pas.